Le vieux pont “en fil de fer”
Dès 1832, de nombreuses demandes sont faites pour réclamer
Histoire des ponts du Teil
la construction d’un pont entre Montélimar et le Teil.

Deux projets sont envisagés :

    le placer face au rocher de la Lauze (ou l’Aloze)

    le placer face au bourg du Teil, sur l’île de la commune.

De nombreux votes du conseil municipal du Teil, des avis d’ingénieurs et la constitution d’une société, formée par acte notarié en 1836, décident du choix pour l’implantation du pont face au Teil.

La construction est autorisée par une ordonnance royale datée du 25 février 1838 qui fixe les droits de péage à faire payer pour la traversée du pont.
- 1 personne                                                                           10 c
- 1 cheval ou 1 mulet avec son cavalier (valise comprise)              15 c
- 1 cheval ou 1 mulet chargé                                                     12,5c
- 1 cheval ou 1 mulet non chargé                                               10 c                    
- 1 voiture suspendue à 2 roues + le cheval                                45 c
- 1 voiture suspendue à 4 roues + 2 chevaux                           1,00 F
- 1 chariot chargé + le cheval + le conducteur                           1,60 F

 

L’adjudication est passée le 14 mars 1839. La construction du pont est concédée à une société de 10 membres (Marquis de Joviac, Mr D’Hilaire de Joviac, Mr Croizat, Mr de Gaillard…). La concession est d’une durée de 85 ans. Elle expirera le 28 avril 1924.

Pendant la construction qui débute en 1839,  Martin Avon, fermier du bac à traille du Teil, proteste contre les maçonneries des culées qui augmentent la vitesse du courant et rendent le passage difficile. Avant la fin des travaux, plusieurs crues du Rhône emportent la culée de la rive droite et créent de gros dommages à l’ouvrage.

Le 1er août 1843 débute l’épreuve du pont. On construit un chemin de fer de service sur toute sa longueur et on y amène des wagons de gravier qu’on déverse sur le tablier. On estime le poids du gravier à environ 300 tonnes réparties sur les 4 travées. Quand l’épreuve est terminée, on déverse une partie du gravier dans le Rhône avant d’évacuer le reste.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

VIEUX PONT

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La vierge du pont suspendu

 

 

 

 

 

 

Cette délibération ne sera expédiée au préfet que 4 années plus tard en lui demandant de la faire appliquer. (En 1905 avait été votée la Loi de Séparation de l’Eglise et de l’Etat). Le préfet prescrit l’enlèvement de la statuette le 15 octobre 1908.
C’est Madame Veuve Marsallat, rentière, de Viviers, qui va acquérir la statue pour la somme de 10 Francs en 1909.

 

 

En 1923, le magnifique bateau de plaisance “Ville de Lyon viendra terminer sa brève carrière contre une des piles du pont.
Le nouveau pont

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le vieux “pont en fil de fer” du XIX° siècle menaçant ruine, on se décide à en construire un nouveau. Ce sera un pont suspendu, le plus grand ouvrage d’art jeté sur le Rhône. On utilise, pour les travaux, les piles de l’ancien pont qui resteront en place. Ce nouveau pont est inauguré en novembre 1931.

 

 

PONT AVEC LES ANCIENNES PILES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L

Le magnifique pont du Teil qui faisait la fierté des habitants de la cité des bords du Rhône et qui favorisait le développement de toute la Basse Ardèche, devait malheureusement subir les affres de la guerre 39-45.

En juin 1940, il était, comme tous les ponts en amont du Teil, dynamité par le génie français pour retarder l’avancée des troupes allemandes.

C’était juste avant l’armistice…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

BAC A TRAILLE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PONT DEMOLI

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Le 21 septembre 1940, à 11 h 15, l’affluence est grande. Les 2 barques reliées par une plate-forme s’éloignent de la rive, poussées par les perches des passeurs. Le câble se tend, mais pris sous une des barques, il la soulève. Tout le poids se porte sur l’autre, qui, trop chargée coule. Tout le bac chavire. Malgré les secours rapides d’une vedette employée au déblaiement du pont, on notera plus de 20 noyés.

Le pont est reconstruit. En août 1944, lors du débarquement des alliés en Provence, des bombardements massifs ont lieu dans la Vallée du Rhône pour détruire les ponts sur le Rhône. Le tablier du pont du Teil sera démoli.

 


PONT BOMBARDE

Dès juillet 1940, un bac à traille est mis en service pour relier les deux rives du Rhône.

Nombreux sont ceux, en effet, qui habitent sur la rive gauche et qui travaillent au Teil, notamment au dépôt, ainsi que des enfants se rendant aux écoles.
           


 

 

 

Au Teil, un nouveau bac sera mis en service pour plusieurs années car le pont ne sera rendu à la circulation qu’en 1949.

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le fleuve rhône

           

LE PONT ACTUEL


accueil

La route du pont à Montélimar sera faite à charge de la Société du Pont du Teil. Vers 1850, on rehausse la chaussée rive droite pour lui éviter d’être emportée lors des crues.
Sur un plan de 1883, le pont mesure 332,40 m.

Vers 1908, le pont, d’une grande fréquentation, se trouve dans un tel état de délabrement que le service des Ponts et Chaussées en assure à grand peine la conservation. Seuls, des attelages de poids réduits y sont admis.

VIERGE à l'ENTREE DU PONT
Le Préfet de l’Ardèche, dans un arrêté du 22 décembre 1909, oblige de respecter une distance de 30 m entre 2 voitures hippomobiles ou automobiles. Il sera ensuite interdit de faire trotter les chevaux sur le pont et un poids limite sera fixé pour les véhicules passant sur le pont. Certains chauffeurs d’autobus feront descendre les passagers : ceux-ci étant obligés de franchir “pédestrement” le pont !

Une vierge en bronze d’environ 1,25 m et d’une centaine de kilos avait été placée sur la culée de la rive droite du pont. Le 28 août 1904, le Conseil Municipal regroupant 17 conseillers, sous la présidence du maire Léopold Perche, déclare :
“ Considérant que le Teil est habité par des citoyens de plusieurs religions et des libres penseurs
- Considérant que la voie publique appartient à tous les citoyens
- Considérant que les emblèmes religieux sur la voie publique sont un défi porté aux citoyens qui ne professent pas la religion que représentent les idoles exposées pour les véhicules passant sur le pont.

- Considérant que les constructions appartenant aux pouvoirs publics à l’exception des monuments affectés aux cultes doivent être neutres au point de vue religieux, émet le vœu que l’administration des Ponts et Chaussées enlève la statue de la madone qui est exposée à l’entrée du pont suspendu du Teil.