La tragédie du bac à traille

Le pont du Teil ayant été détruit le 20 juin 1940 par le Génie, ceci pour retarder l’avance des armées allemandes (un jour seulement avant l’armistice), les communications entre Drôme et Ardèche étaient interrompues. Les camions pouvaient passer par Viviers dont le pont n’avait pas été détruit. Mais de nombreux ouvriers du Teil ainsi que des écoliers habitaient dans la Drôme. Les autorités locales décidèrent la construction d’un bac à traille qui fut mis en service le 21 juillet. Il comportait deux barques reliées et couvertes d’une plate-forme.

Tout le monde était satisfait : ouvriers du chemin de fer, enfants se rendant à l’école, jeunes gens employés au Teil, mamans allant faire leurs courses dans la cité cheminote…

C'est le samedi 21 septembre 1940, à 11 heures 15 exactement que se produisit le terrible accident.


Le bac, comme à l’ordinaire, est rempli de personnes qui rentrent chez elles prendre leur repas. Sur l’autre berge, des mamans attendent leurs enfants.

Les passeurs, avec de longues perches, poussent le bac vers le courant, car à l’embarquement du Teil, il y a un endroit où l’eau est presque dormante et il faut amener le bac vers le milieu du fleuve. Le câble est recouvert par l’eau. Grâce aux bras énergiques des passeurs, le bac gagne rapidement le large…

 


(d’après le livre d’André ROMAN)

 


EMBARQUEMENT SUR LE BAC

 

 

LE BAC SUR LE RHONE

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


           

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Déjà les barques se trouvent dans le courant. Elles se mettent en travers, mais le câble se trouve pris sous une barque et, en se tendant, la soulève. Tout le poids se porte sur la 2ème barque qui, trop chargée, chavire...

Tous les passagers, une cinquantaine environ, sont précipités dans le Rhône.

Avec rapidité, les secours s’organisent. Une vedette chargée du déblaiement du pont arrive et sauve 18 victimes. L’équipage du citerna fait, lui aussi, merveille. Des deux côtés, la foule arrive, livide, anxieuse et impuissante. On se demande si l’être cher n’est pas resté par bonheur sur l’autre rive et d’une berge à l’autre, c’est le suprême appel.

Tel fut le terrible accident : on compta 21 victimes et 24 rescapés.

Un rescapé, Mr Genin Maurice, ne sachant pas nager, parcourut 3 km accroché à une planche avant d’être sauvé. Un jeune garçon de 12 ans put rester accroché à son père pendant au moins 2 km avant de lâcher prise, épuisé, à 30 m seulement de la rive. Un autre garçon, retenu à l’école par son instituteur, dut son salut à cela, sa sœur périt dans l’accident.

 

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