Le domaine du Joncas fut un joyau d’agrément pour la famille Terrasse, maîtresse des lieux lorsqu’elle abandonnait son domicile extérieur pour venir séjourner dans notre cité.

Afin de préserver le Joncas pendant l’absence des propriétaires, un gardien permanent en avait la surveillance. Celui-ci et sa famille habitaient une maison construite à l’opposé de la maison de ceux-là. Il était chargé également de l’entretien. Le parc comportant de larges allées jalonnées d’arbres de diverses espèces et notamment une plantation d’élégants pins maritimes et de chênes à proximité desquels chantaient des sources utilisées pour l’arrosage et les besoins ménagers. L’eau était abondante, pure et fraîche. En plus de ses activités déjà citées, le gardien entretenait un verger, une vigne et faisait pousser des légumes sur un terrain s’étalant en terrasses près de son habitation.

Le Joncas sur lequel veillait le pigeonnier, faisait l’orgueil des Teillois. Tellement de souvenirs les liaient à ces vestiges du passé. Ils contemplaient seulement au passage, car tout accès était interdit par un mur de clôture surmonté d’un portique, à la coupure de l’entrée, afin d’abriter une porte et un portail à double vantaux remarquablement sculptés.

Pendant des années la fumée des cheminées monta en volutes au-dessus de la forêt de verdure puis un jour la vie faisant périodiquement le charme de ce coin montagneux tranquille, cessa d’être.
           
C’est alors que l’on avança diverses intentions dont celle d’y construire un hôpital. Mais les propositions  de la propagande électoraliste devaient toutes demeurer lettre morte.
           
Abandonné et livré à lui-même, peut-on dire, le Joncas devait connaître un triste sort. C’est surtout lors de la dernière guerre que les dégradations furent importantes. En firent les frais surtout les portes et les fenêtres de la maison des maîtres sans parler des boiseries de l’imposante cheminée, de l’alimentation en eau et de la partie électrique. Ce saccage fut un désastre auquel on peut ajouter celui causé aux plantations de pins que l’on coupait pour se chauffer.

Le Joncas

(Article de Monsieur Fernand Etienne
paru dans le Bulletin d’Informations Municipales du Teil de janvier-février 1987)

 

 


                               

LA MAISON DU JONCAS

Les dégradations devaient se poursuivre puisque des années après la guerre on vit disparaître la porte d’entrée sculptée avant que le portail ne connaisse la même infortune.

Les propriétaires étaient-ils au courant de la situation de leur domaine ? On ne le savait. En tout cas,  on ne devait plus en entendre parler ou du moins si, à leur mort, lorsqu’il fut question de l’attribution de leurs biens.

Des biens devant provoquer des démêlés et bien des difficultés entre de soi-disant héritiers et la Municipalité dirigée par Monsieur Alphonse Thibon dont le nom avait été couché sur le testament. Lorsqu’il a établi que le legs était bien en faveur de cette dernière, on dut se creuser passablement la tête pour essayer de trouver une solution au problème du Joncas. Un problème ardu on s’en doute qui, cependant, devait être momentanément résolu sous la municipalité de Monsieur René Montérémal avec la création d’un élevage de levrauts et de perdreaux par la société de chasse la " Diane Teilloise" présidée par Monsieur Raymond Avias. C’est Monsieur Roger Fraisse qui avait accepté de veiller sur la nourriture et la protection des sujets et lieux.

Pour mener à bien cette solution, les chasseurs, nombreux à la tâche, durent travailler longuement et fournir beaucoup d’efforts pour rétablir les murs d’enceintes détériorés qu’ils devaient surmonter d’un grillage afin que le gibier ne puisse se libérer. Cet essai avait été tenté pour éviter de lâcher dans les bois des sujets provenant de l’étranger. Mais l’entreprise qui venait à peine de sortir de son balbutiement devait, comme certaines autres tentatives, connaître une fin prématurée. Et le Joncas, ainsi abandonné une nouvelle fois, ne pouvait que reprendre une mauvaise tournure.

Une tournure que Monsieur Paul Avon, Maire, et ses collaborateurs essayèrent de modifier en projetant d’implanter au Joncas des maisons à loyers modérés. A cet effet, des sondages furent effectués, mais le terrain s’étant avéré instable, le projet envisagé dut être abandonné parce que trop coûteux.
Et les choses en restèrent là jusqu’au moment où la municipalité de Monsieur Robert Chapuis envisagea à son tour de préserver le Joncas et de le faire renaître sous une forme nouvelle sans pour cela détruire son image primitive.
Au concours municipal, pour ce faire, est venu s’ajouter celui de “Etudes et Chantiers une organisation prévue pour l’insertion des jeunes dans la vie professionnelle.

Les Teillois ont perdu depuis quelques années le “Pigeonnier” pour leurs promenades et leurs rendez-vous familiers. Désormais, c’est au Joncas rénové qu’ils pourront diriger leurs pas s’ils le désirent.

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