VIE DES OUVRIERS DE LAFARGE

 

La plupart des 1500 ouvriers et employés de l’usine Lafarge étaient fixés soit au Teil (la Violette, Frayol, Mélas), soit à Viviers. Les uns vivaient dans des logements particuliers ; les autres occupaient les cités construites par l’usine et louées à bas prix.
D’autres ouvriers venaient chaque jour à bicyclette ou même à pied des communes voisines. Nous retrouvons encore, dans notre mémoire, le souvenir de jeunes gens partant de bon matin, à bicyclette, le “cabas” derrière le dos, et rentrant le soir, à la nuit noire, couverts de chaux, après avoir parcouru leurs trente-cinq kilomètres dans la journée. Les ouvriers qui venaient de la Drôme franchissaient le Rhône par le bac à traille installé à hauteur de l’usine.
Enfin les célibataires, qui ne rentraient chez eux que le samedi soir ou qui vivaient à Lafarge en permanence, mangeaient à la cantine et couchaient au dortoir aménagé par la direction de l’usine.
En règle générale, mais tout de même pas d’une façon absolue, la plupart des ouvriers entraient à l’usine sur la recommandation du curé du village ou d’un quelconque personnage réactionnaire de la région. Beaucoup d’entre eux étaient originaires des cantons catholiques de la haute montagne ardéchoise déshéritée.
Avant la guerre, bien plus encore qu’aujourd’hui, le labeur aux usines Lafarge était réputé pour sa dureté extrême. Il faut avoir vu les mineurs et les carriers exposés à toutes les intempéries et exécutant une besogne particulièrement rude. Il faut avoir vu les tireurs de fours et les ouvriers de l’intérieur besognant dans une épaisse et suffocante poussière blanche, pour mesurer toute la peine de ces hommes.
La durée de la journée de travail était de neuf à dix heures.
Les salaires étaient, en règle générale, à la pièce (aux ouvriers des bluteries, par exemple, on donnait 13 sous pour 100 sacs). De ce fait, les salaires étaient très variables : vers 1900, ils allaient de 1,50 à 2,50 francs par jour.
Le personnel était composé en grande majorité d’hommes. Toutefois, il y avait aussi des femmes employées au raccommodage des sacs de grosse toile pour l’expédition de la chaux et du ciment.”

Mémoire d’Ardèche et Temps Présent   n°63  (15 août 1999)

 

 

 

 

OUVRIERS CARRIERS
 MISE EN SACS A LAFARGE

Mise en sacs de la chaux

Dessin de Xavier Mallet

 

USINES  DE LAFARGE
ENVIRONS CHATEAUX DE LAFARGE
LA CITE BLANCHE
LA CHAPELLE DANS LAFARGE
OUVRIERS DANS L'USINE
LA CITE BLANCHE
ENVIRONS CHATEAUX DE LAFARGE

Gilbert Serret, instituteur, syndicaliste, dans sa “monographie sociale sur les Chaux et Ciments de LAFARGE (l’Emancipation-1938), nous parle de la vie des ouvriers à Lafarge, au début du XX° siècle :

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