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CHEMIN DE FER

 

(Article du journal “le Patriote” concernant l’accident de train sur la ligne de la montagne dans la nuit du 7 au 8 août 1909 – Archives Départementales)

Un terrible accident qui a coûté la vie à deux employés du P.L.M. et a causé des blessures plus ou moins graves à plusieurs autres, s’est produit dimanche soir, en gare du Teil à l’intersection des lignes Lyon-Nîmes (rive droite) et Alais-Le Teil.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La rencontre

Il était environ 10 h 40 du soir. A ce moment,une machine conduisant une tranche de wagons manoeuvrait sur les différentes voies pour le classement de ces voitures. Les signaux semblent avoir été faits selon les règlements pour la couverture de ces voies.
Tout à coup, le train de marchandises 7718 venant d’Alais, qui devait arriver au Teil à 10 h 48, surgissait de l’obscurité, comme une trombe, et tamponnait avec violence la machine et la tranche de wagons en manœuvre.
Le choc fut terrible. Plus de trente wagons renversés furent broyés, et les deux locomotives éventrées.

L’amas des voitures brisées qui jonchent le ballast atteint une hauteur de 15 mètres obstruant toujours les voies des deux lignes.

COLLISION DE TRAINS AU TEIL

DEUX MORTS PLUSIEURS BLESSES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur cette photo, on voit très bien la ligne qui part à droite vers Voguë et Alais et à gauche vers Nîmes

 

 

ACCIDENT de 1909

 

 

 

Les victimes

Le premier moment d’émoi passé, le personnel de la gare et M. Mauriès, chef de gare en tête, se portèrent sur le lieu de l’accident d’où partaient des cris de douleur et des gémissements.
Les dévoués employés travaillèrent aussitôt, avec l’esprit de solidarité qui les anime et double leurs forces, à dégager leurs malheureux camarades pris sous l’enchevêtrement des fers et des bois tordus et brisés.
Ils eurent la douleur de retirer deux morts et plusieurs blessés.
Le mécanicien Ricard qui conduisait le train tamponneur, et le mécanicien Cavalezy qui faisait la manœuvre de la gare avaient été tués sur le coup.
Le chauffeur Merlier, compagnon du mécanicien Ricard,était horriblement blessé. Son état était désespéré.
Parmi les blessés se trouvaient encore le chef du poste des aiguilles, (dans la collision le poste fut, écrasé par les wagons déraillés, et complètement détruit), et le chauffeur du train de manœuvres, très gravement atteint.
Le chauffeur blessé se nommait Boyer philippe.
Les morts furent déposés au cabinet médical de la gare. Les blessés après un premier pansement transportés à l’hôpital.
Les morts appartenaient au dépôt du Teil.

REPARATION de la VOIE FERREE


Les secours

M. Mauriès, chef de gare, après avoir prévenu les autorités de la Compagnie, prit la direction des travaux de sécurité et de déblaiement.
Toute circulation fut arrêtée par ordre sur les deux lignes. Jusqu’à trois heures du matin, aucun train ne put franchir la gare du Teil. A ce moment, un service fut établi sur une voie pour les trains de la ligne de Nîmes à Lyon. Ceux de la ligne d’Alais n’eurent le passage que plus tard dans la soirée.

MM. Niguier, ingénieur de traction et Guénot, contrôleur de l’exploitation se rendirent de bonne heure sur le lieu de l’accident. M. Cochet, chef du bureau de l’ingénieur en chef de la voie à Valence s’y trouva bientôt. Il fut décidé que la voie ayant subi de graves avaries et le poste d’aiguillage seraient refaits en hâte.

Les trains commencèrent à circuler vers midi sur la voie principale dans tous les sens.

Dès qu’il eut connaissance de l’accident, le ministre des Travaux Publics fit parvenir aux familles des victimes, l’expression de sa sympathie. Il prescrivit les mesures nécessaires pour que les secours soient accordés.
La circulation sur la ligne du Pouzin à Alais fut rétablie, du moins provisoirement ; depuis dimanche, deux heures, les trains circulèrent à peu près normalement, avec quelque peu de retard cependant.
L’état des blessés était satisfaisant. Une enquête fut faite. M. Ruffieux, ingénieur en chef de la voie vint ainsi que MM. les ingénieurs du central et de l’Etat.

Sur près de 200 mètres, la voie fut entièrement refaite. 

Les funérailles

A l’annonce du terrible accident, M . Mauris, directeur de la Compagnie P.L.M., donna des ordres pour que les funérailles des mécaniciens Cavalézy et Ricard soient faites aux frais de la Compagnie. Des délégations d’agents de tous les services furent envoyées au Teil pour assister à l'enterrement des victimes qui eurent lieu le 9 août, dans la journée.
Le mécanicien Cavalézy alors âgé de 55 ans devait prendre sa retraite le 1er janvier suivant!

. La population teilloise, composée essentiellement d’agents du chemin de fer P.L.M. était consternée et la terrible collision fit l’objet de toutes les conversations.


EMPLOYES de la GARE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les responsabilités

Les mécaniciens étant morts, il fut difficile d’établir les responsabilités. Une enquête sommaire faite par  M. le commissaire de surveillance a permis tout de même de les établir.
Le train 7718 venant d’Alais avait une marche très dangereuse depuis Saint Jean le Centenier jusqu’au Teil et plus particulièrement d’Aubignas-Alba au Teil où la ligne est en déclivité de 25 millimètres par mètre. Le mécanicien du train 7718 se serait laissé gagner par la vitesse et n’aurait pu être maître de son train, malgré une marche de contre-vapeur. Il serait donc arrivé en gare du Teil à une très grande vitesse, franchissant les signaux qui marquaient l’arrêt.

 

AU SUD SEPARATION VOIE FERREES NIMES ET ALES