Le Vivarais compte de nombreux édifices anciens dont un des plus intéressants, voire curieux, est l’église de Mélas.

L’origine de cette église, dédiée à Saint Etienne, remonterait au VI° siècle.
Il s’agirait d’abord d’un monastère, le deuxième connu en Vivarais, mentionné par un texte, la « Charta-Vetus », rédigée vers 950.
La Charta-Vetus indique : «  Moi, Frédégonde, consacrée à Dieu, ai fondé un monastère de femmes à Mélas, en l’honneur de Saint Etienne et Saint Saturnin. J’y ai vécu neuf ans et y finirai mes jours ». A noter cependant que la localisation de ce monastère n’est pas tout à fait établie.

C’est à partir du Moyen-Age que commence avec plus de précisions l’histoire de l’église de Mélas, avec, quand même, encore des doutes, des incertitudes.
Ce que l’on admet, c’est qu’avant les travaux de restauration et l’agrandissement des années 1872-1878, il y avait trois édifices indépendants : l’église, la chapelle nord et la chapelle octogonale.

L’église n’avait qu’une seule nef jusqu’en 1867. Cette nef unique possède cinq travées dont les trois premières dateraient de la fin du XI° siècle ou du commencement du XII°. Ces premières travées sont considérées comme les plus anciennes.

 

L’Eglise de Mélas

 

 

 

 

 

 

CHAPITEAUX

 

 

 

 

La chapelle octogonale est la plus célèbre : a-t-elle été un baptistère ? Elle est formée d’un octogone de quatre grands côtés alternants avec quatre petits, supportant une coupole centrale. Grands et petits côtés sont occupés par des niches voûtées en cul-de-four, à l’exception du grand côté sud où se trouve la porte d’entrée
D’une manière habituelle, un baptistère est rattaché à une église épiscopale. C’est une « construction circulaire ou polygonale, élevée dans le voisinage tout proche d’une cathédrale à partir du IV° siècle, dans lequel l’évêque conférait le baptême par immersion. » (glossaire de termes techniques).
La chapelle octogonale de Mélas correspond sur plusieurs points à cette définition, mais elle n’est pas le baptistère d’une cathédrale. Serait-elle un baptistère paroissial ? Certains l’ont cru  car «  au V° siècle et suivants, à cause de l’accroissement du nombre des conversions… on procède à la construction de nombreux baptistères auprès d’églises de tout genre, même si elles ne sont pas évêchés. » D’autres pensent à une nouvelle chapelle funéraire car des sarcophages de pierres ont été découverts, ce qui tendrait à prouver que l’édifice a été dressé sur une nécropole.

L’église de Mélas semble un assemblage de chapelles détruites, reconstruites, agrandies au fil des siècles.
Le site de Mélas est un lieu de culte privilégié de l’ère chrétienne, les différents édifices religieux qui s’y sont succédés restent des témoins de la première vague de la période romane qui s’est étendue, en Vivarais, aux XI°, XII° et XIII° siècles.
« Avec ses trois édifices, Mélas possède un patrimoine architectural exceptionnel. Souhaitons que l’histoire vienne, un jour, combler les lacunes de l’archéologie pour nous expliquer l’origine, la destination, l’abondance de tels monuments en un seul lieu. » Jean Ribon (la revue du Vivarais.)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE BAPTISTERE DE MELAS
accueilaccueil

Bibliographie

Jules Banchereau : Mélas, article paru dans «  Congrès archéologie de France 1923 »
Pierre Arnaud : « Mélas et ses alentours » 1964
Jean Ribon, la « revue du Vivarais » 1986
Mélas, itinéraire roman, plaquette réalisée par la Mairie du Teil, 1986

Document internet « Patrimoine vivarois », texte revu par R Comte après la dernière visite de Mélas, en 2002.

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EGLISE DE MELAS

                       

       

C’est là que nous trouvons deux chapiteaux historiés (au nord) représentant pour l’un le sacrifice d’Abraham (dessin de gauche), pour l’autre le Pèsement des âmes (dessin de droite), deux chapiteaux décorés (au sud) : feuilles d’acanthe stylisées et un masque. La quatrième travée pourrait être, avec ses deux arcs qui ne sont pas de la même époque, la partie droite d’un chœur terminé en cul-de-four, qui fut supprimée pour agrandir l’église vers l’est. La cinquième travée est couverte d’une coupole octogonale. Un clocher la surmonte auquel on accède par un escalier en vis, dit de St-Gilles, datant du XIII° siècle.

La chapelle nord, accolée à la nef de l’église, au nord, est une seconde nef étroite et basse de trois travées, voûtée en demi berceau sans arcs doubleaux, terminée par une abside en cul-de-four. Cette  chapelle du XI°, ou, peut-être contemporaine de la chapelle octogonale est antérieure à l’église ; elle était indépendante jusqu’en 1872 : entrée directe sur l’extérieur, le niveau du sol était plus bas d’un mètre, ce qui lui donnait une certaine autonomie. Sur le mur nord, les arcs de décharge tombent sur des pilastres aux tailloirs décorés : serpent à tête humaine et serpent à tête animale.

La chapelle octogonale ou baptistère